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L’Organisation Sénégalaise d’Appui au Développement est une ONG (organisation non gouvernementale) spécialisée dans l’éducation non formelle et l’édition des ouvrages en langues nationales. Elle a été agréée par arrêté n°010621 du 15 Novembre 1995, émanant du Ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

• Domaines d’intervention : Conception, exécution, suivi, évaluation des programmes d’alphabétisation.
• Formation des agents d’encadrement des projets d’éducation non formelle : formateurs, superviseurs, moniteurs, avec une démarche novatrice adaptée aux cibles -adolescents et adultes - maîtrisant correctement la langue d’éducation au départ.
• Initiation à l’écriture des langues nationales de personnes instruites en français et appelées à travailler avec les populations (ministres, gouverneurs, préfets, sous-préfets, collectivités locales, agents de développement, techniciens et autres agents des services public et privé).
• Elaboration de matériels didactiques et de documents pédagogiques, sous le contrôle de spécialistes des disciplines concernées.
• Edition d’ouvrages en langues nationales.
• Traduction de textes et documents.

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Questions et réponses sur l’orthographe du wolof
par Arame Fal, linguiste

Question : Après avoir lu Singali de Séex Aliyu Ndaw, édité par l’OSAD, Monsieur Mansour Khouma  se pose la question : Est-ce que j’ai bien compris les dispositions du dernier décret (n° 2005 - 992 du 21 octobre 2005) fixant l’orthographe et la séparation des mots en wolof ?


Réponse : Mansour, les observations qui suivent prennent comme référence la version électronique  (en pièce jointe) que m’a fournie Madame Bathily, chef de division de la Promotion des Langues nationales à la Direction de l’Alphabétisation et des Langues nationales, à ma demande, après réception de ta lettre. Elle l’a fait avec diligence, comme c’est toujours le cas quand j’ai besoin de ses services. Qu’elle en soit remerciée au passage.
Avant de répondre à ta question, je voudrais en premier lieu signaler les corrections à faire sur la version électronique de référence :
- élire au lieu de élir ;
- réewam au lieu de rëewam
- propre au lieu de proper (set)
- ëpp pour « éventer », ne s’agit-il pas plutôt de  upp ?
- faatoo ngi au lieu de faatoongi, l’article 15 stipule que la marque ngi est autonome, la contraction dont il est question dans le décret 2005 ne concerne que Faatu+ a = Faatoo.
- teqale au lieu de texale (rëddu…)
- (yat wu) càmmooñ, avec accent grave, au lieu de cámmooñ

Question : As-salaamu aleykum, Soxna Aram !
Maa ngi déllusi (pour moi dellusi) di la sargal, di ñaan Yàlla yàggal taxawaay bi, yokk man gi. Yal na Yàlla sàmm la yaak sag njaboot ak mbollem (mboolem /mbooleem) jullit.   

A l’occasion de la dernière foire du livre, j’ai eu Singali, le roman de C.A. Ndaw grâce à la générosité de Mamadou dit Ndiaye OSAD.

Il y a plusieurs graphies qui m’ont poussé à me poser des questions :

Est-ce que ce sont des coquilles qui se sont glissées dans le texte (ce qui me paraît peu probable).

Réponse : Il y a effectivement des erreurs dans Singali au niveau de certaines graphies que tu cites, je l’ai indiqué sur ton tableau, en mettant erreur1, erreur 2 etc. Pour cela l’OSAD te remercie vivement de ta vigilance.

Question : Est-ce que j’ai bien compris les dispositions du dernier décret (n° 2005 - 992 du 21 octobre 2005) fixant l’orthographe et la séparation des mots en wolof (Et pourtant j’étais le rapporteur de la commission de réforme qui a tenu ses travaux les 07 et 08 sept 2004 au CNRE).

Réponse : À la sortie du  décret de 2005, il y avait déjà une production non négligeable de textes wolof édités, parmi lesquels on citera le dictionnaire wolof-français publié par Karthala en 1999. Cette publication applique le décret n° 85-1232 du 20 novembre 1985,  tout en le complétant, car il y est introduit pour la première fois, les lettres servant à noter les phonèmes /ëe/ et /ã/. Mais du fait  qu’un décret ne peut pas entrer dans le détail, il s’est avéré nécessaire, au fur et à mesure que se développaient les publications en wolof, d’élaborer des  règles d’écriture, en conformité avec les principes de base contenus dans le décret de 1985. Ainsi depuis 1992, avec la sortie de YÓBBALU JÀNGALEKAT BI, ces règles sont insérées de manière récurrente dans nos brochures, en fonction de la place disponible ; on les trouve de manière plus systématique dans le PRÉCIS DE GRAMMAIRE FONCTIONNELLE DE LA LANGUE WOLOF (1999) et dans MBINDUM BAAT YI CI WOLOF (2000). Lorsque j’ai été informée -  fortuitement d’ailleurs - de l’existence du décret de 2005, j’ai immédiatement demandé à Madame Bathily de m’en procurer un exemplaire sur papier. À l’époque j’avais annoté ce document, mais aujourd’hui, Mansour, tu me donnes l’occasion de partager les observations que j’y avais notées.
L’examen du décret de 2005, m’a permis, fort heureusement,  de constater que les différences avec le système orthographique utilisé au niveau du dictionnaire wolof-français et des publications OSAD,  ne sont pas nombreuses ; je les exposerai plus bas, après avoir répondu à toutes tes questions.

Question : Est-ce qu’il y a eu des avancées dans la recherche (que j’ignore) et qui ont conduit au changement de certaines règles d’écriture (bien possible) ?.
Réponse : Je n’ai pas connaissance d’avancées susceptibles d’entraîner des modifications orthographiques.

Question : En tout état de cause, j’aimerai bien être éclairé sur les graphies qui ont retenu mon attention et qui sont :

1-    Le fait de coller les marques du passé fréquent "woon" et "waan",
Réponse : 1. Si dans Singali on trouve –woon collé, c’est une erreur, pour moi woon doit être séparé ; à ce propos, je voudrais reproduire ci-dessous la règle d’écriture insérée dans plusieurs de nos publications :

Lu waral boole -oon, teqale woon ?

Mënees naa tontu ne làmmiñ wee ko defal boppam, ndax diggante -oon ak ndeyu baat, amul lenn lees ci mën a roof : dafa xalaatoon ni...
Loolu nag dalul woon, ndax am na lu mën a jaar ci diggante bi : dafa defe ni woon, gisuma ko woon.
Waaye nag bu la baat yii di ñëw nax, rawoon  na, tawoon na, ñëwoon  na.... dees koy boole ndax mbirum –oon la, moo fekksi raw, taw, ñëw.
Lu waral boole –waan ?
Mënees naa tontu ne làmmiñ wee ko defal boppam, ndax diggante «-waan » ak ndeyu baat, amul lenn lees ci mën a roof : su nu dajewaan ak Singali. Loolu, ni nu ko waxe ci li jiitu, dalul « woon ». On pourrait comparer dajewaan et dajewul, dans les deux cas, la rencontre des suffixes à initiale vocalique entraîne le développement de -w-. Faut-il alors séparer daje wul ? Pour moi, non !

2 -d’isoler le monème "i" à la suite d’un mot (verbe, nom, pronom) terminé par une  voyelle
2. Il faut distinguer : a) « i » marque de ce qui est appelé syntagme déterminatif dans l’article 13 du décret de 2005, il est collé à ce qui précède : jabari buur bi
                b) « i » variante de « ay » il a le même comportement que ay, donc séparé : soppeeku ay jigéen = soppeeku i jigéen = soppeekuy jigéen (en cas d’élocution rapide).

3- de coller le monème "a" au verbe,
3- C’est une erreur, il faut séparer.

4 - de séparer le suffixe du radical par un trait d’union

4. Cela n’intervient que dans le cas où la consonne finale du radical est identique à la consonne initiale du suffixe comme dans dal-lu ; cela permet de distinguer la géminée d’une suite de deux consonnes identiques (comparer dal-lu à dàllu). De manière générale, j’évite la succession de trois consonnes identiques, c’est pourquoi j’écris : lekk-kat, mais tëggkat.

À propos de fukkéelu garab, la graphie correcte est : fukkeelu …, ñaareelu, pour moi il s’agit du suffixe –eel, [fukkéelu] est une transcription phonétique. Il faut appliquer le même traitement à –eef de mbindeef. Les dérivatifs cités dans l’article 20 du décret 2005, devraient  être complétés par –eel, -eef, -een etc.

J’ai dressé ce tableau pour illustrer les faits :
Les réactions de Arame au tableau de Mansour

 

Pge

Lgn

Il est écrit dans le livre

Ne devrait-on pas écrire

Observations

4

20/21

Su ca jógéwaan  écrire jóge sans accent sur e(erreur1),  mais coller waan

Su ca jóge waan non                    

Je croyais que waan et woon sont toujours séparés du verbe jógewaan

5

4/5

…yenn saa yi i caaxaani neen… yenn saa yi ay caaxaani /  i caaxaani…

yenn saa yi caaxaani neen …

Ou bien ay caaxaani neen

 

9

9

su fowiwaan graphie correcte

su fowi waan

 

12

18

léeg-léegmu laaj …

léeg-léeg mu laaj …oui

Erreur erreur 2

14

7/8

…yi mu newoon

…yi mu ne woon oui

mm remarque qu’en p. 4 erreur3

14

21

..dootul séddoo graphie correcte ; pour jigéen et liggéey mieux vaut consolider  la tradition écrite consacrée par les différents dictionnaires

..dóotul séddoo

Il m’arrive souvent de faire abstraction de l’accent sur des mots de cette nature : dootul, jigeen, liggeey, pour raison d’harm. voc.

18

11/12

gaaral na ko i mbubbam …

ici i est une variante de ay

gaaral na koy mbubbam …

Les deux sont possibles, la contraction n’est pas obligatoire

18

15

lu teewoon Singali yëgle …

lu tee woon Singali yëgle …

lu tere woon..

verbes tee(tere) / teew, il s’agit bien de la variante tee erreur4

19

10

soo yoree i doom

soo yoreey doom

Les deux sont possibles

19

17

xawa dee ci tàngoor

xaw a dee ci tàngoor oui

particule a séparée du v erreur5

19

20

dootu ko umple dootu correct ; il s’agit du suffixe –le avec ump

dóotu ko umpale

 

20

12

Baay bare i xame

Baay barey xame

Les deux sont possibles

23

22

ndaw lu yomba wax

ndaw lu yomb a wax oui

erreur6

29

15

léeg-léeg i baati woy

léeg-léeg ay baati woy

Les deux sont possibles

30

12

..leen daan sol-loo .. correct

..leen daan solloo ..

Dans le cas où la consonne finale du radical est identique à la con.initiale du suffixe

31

4

bindeef  ce qui est écrit dans Singali c’est : mbindeef au lieu de bindeef) correct

bindéef

Voir ce qui est dit plus haut à propos de–eef , -eel, -een…

33

21

dee gu ñaaw, i gaañu-gaañu

dee gu ñaaw, ay gaañu-gaañu

Les deux sont possibles

38

14/15

bu jëmee mag, i doomam …

bu jëmee mag, ay doomam

Les deux sont possibles

38

16/17

ñoddi i  baag

ñoddiy  baag

Les deux sont possibles

39

9

loxo ndeyjoor correct

loxo ndey-joor

Je n’ai aucune preuve qu’il s’agit d’un mot composé

42

22

waa kër

Waa-kër

n’y a-t-il pas de - Waa kër, waa Luga, je ne mets pas de -

46

1

xool-xool-lu c’est correct

xool-xoollu

Voir plus haut

50

5

bawoo ci doom aadama correct

bawoo ci doom-aadama

Je ne mets pas de -

52

6

amoon na i jàngalekat

amoon nay jàngalekat

 

53

9

boq i téere ekool des livres scolaires ;  c’est correct

boq téerey ekool

ndax maneesu koo jaawaleek boqi téere ekool (ca ekool ba)

58

15

i reetaan ak i kekkantoo …

ay reetaan ak i kekkantoo …

Les deux sont possibles

59

6

di ma top topp

di ma topp

Erreur7

61

21

du leen jaral xuloo ak i werante

du leen jaral xulook a werante oui

xuloo ak a werante oui ;Erreur8

64

7

am fi i fan correct

am fiy fan

Les deux sont possibles

64

9

Weer ya def i ati at correct

Weer ya def ati at/ ay ati at

Tous les 3 sont possibles

66

13

di nettali i jaar-jaaram

di nettaliy jaar-jaaram

di nettali ay jaar-jaaram Tous les 3 sont possibles

69

9

loolu lañu daan dëkkal … correct ; je colle quand il est sujet ; autrement, je sépare  : fii la nu góor gi fekk (fii la ma góor gi fekk)

loolu la ñu daan dëkkal.. ???

Il semblerait que coller lañu ne fait pas l’unanimité chez les linguistes : coller qd il est sujet et séparer qd il est compl.

69

14

ba di ca jot i màndargay

verras-tu une redondance dans le cas de ay saami kaani ?(le pluriel exprimé à la fois par ay et i de saami

ba di ca jot màndargay

N’y a-t-il pas une sorte de redondance ici ? i marque le plr autant que le y en finale de nom. = pluriel marqué 2 fois.

71

11

Xool-leen kilifa gu tollu ni…

Xoolleen kilifa gu tollu ni…

Voir plus haut

71

15 /16

nettali i mbiram

nettaliy mbiram

nettali ay mbiram Tous les 3 sont possibles

89

11/12

xool-leen rekk

xoolleen rekk

Voir plus haut

91

9

baayam bi i kàddu yu taaru

baayam bi kàddu yu taaru

baayam bi ay kàddu yu taaru Tous les 3 sont possibles

98

10/11

noo koy gàntal-loo correct

noo koy gàntalloo

Voir plus haut

101

2

soppeeku i jigen ce qui est écrit dans Singali c’est  jigéen correct

soppeekuy jigen

soppeeku ay jigéen

101

20

lii muy janeer, i nitaal lañu

lii muy janeer, ay nitaal lañu

Il y a une virgule oui, il y a virgule

106

17/18

daajalee i dëbësam ce qui est écrit dans Singali c’est dajalee et c’est correct

daajaley dëbësam

Noona la dajalee i… c’est bien cela/ dajaleey…

110

10

Su ko Yàlla mayee i fan

Su ko Yàlla mayeey fan

Les deux sont possibles

115

8

joxe i dërëm

joxeey dërëm

Si l’on devait faire la contraction, ce serait joxey et non joxeey

121

17

woowi i alkaati

woowiy alkaati

Les deux sont possibles

122

5/6

xanaa i mag

xanaay mag

Les deux sont possibles

 

En conclusion, il y a désaccord avec le décret de 2005 sur les points suivants :
1) séparation de -waan
2) opposition de longueur entre ã et ãa : je ne suis pas convaincue de la pertinence de cette opposition. Si variation de longueur il y a, cela pourrait être imputé à l’intonation.
3) le cas de lekk-kat, xool-leen, xool-xool-lu …

S’agissant de la lettre h, je trouve qu’il est pertinent de l’introduire dans l’alphabet, dans la mesure où elle est très présente dans les textes de vulgarisation religieuse déjà édités (Muhammad, bismillaahi, alhamdu lillaahi...) Par contre, je suis assez réservée, s’il s’agit de l’introduire pour marquer le parler du Saloum. Une telle option me semble aller à l’encontre de la  standardisation en cours vers un wolof commun. Le processus qui a commencé dès les premières années de l’indépendance avec les chroniques radiophoniques des historiens traditionnels et des prédicateurs musulmans, est en progression constante, grâce à la contribution déterminante de la presse audio-visuelle et des publications en wolof.

Voilà, Mansour, ce que je pouvais dire sur le sujet. Tu n’es pas le seul à te poser ces types de questions. La leçon à tirer de tout cela c’est qu’il y a besoin de mise à niveau pour ceux qui sont engagés dans la formation des formateurs. Je suis disposée à apporter ma contribution à cette action salutaire. Je ne terminerai pas sans t’annoncer que je me suis permis de partager ces réflexions avec des personnes intéressées par le sujet. Cordialement.


Note utilisateur: 2 / 5

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Ndeyu Àtte bi, lii la wax ci jigéen ñi

Dog 7
Nit mbindeef mu sell la. Deesu ko wuññi. Wareef la ci nguur gi mu fonk ko, aar ko.
……
Nit ñépp a yem ci kanamu àtte. Gόor ak jigéen ñoo yem ci wàllu yoon.
Ab àtte mooy yombal yemaleg góor ak jigéen ci jox baat yeek ndombo tànk yi.

Dog 15
Àqu moomeel, Ndeyu Àtte bii warlul na ko. ....
Gόor ak jigéen, kenn ku ne yeyoo na am àqu ngajj ak àqu moomeelu suuf, ci anam yi ab àtte tëral.


SÉY AK NJABOOT


Dog 17
Séy ak njaboot ñoo di jiwu wu sell wi meññ mbooloo nit ñi. Ñu ngi leen teg ci kiiraayal Réew mi.

Nguur gi warlul na njaboot gi, cig maasale, rawatina njaboot gi nekk ci dëkki kow yi, lu leen jotale ci këri wér-gi-yaram yi ak ci nekkin wu neex.
Warlul na yitam jigéen ñi, rawatina ñiy dund ci kow gi, yelleef bu jëm ci woyofal seen dundin.

Dog 19
Jigéen yelloo na am jëmmu alalu boppam, ni ko jëkkëram sañe. Yelloo na yoreel boppam alalam.

Dog 22
Xale yépp, gόor ak jigéen, ci bépp gox ci déndu réew mi, yelloo nañu dem ci jàngu yi.

LIGGÉEY


Dog 25
Nit ku ne yelloo na liggéey, yelloo na sàkku am xéy. ...
Gépp xàjjaatle diggante gόor ak jigéen, jëm cim xéy, ak peyoor, ak lempo, terees na ko.

Dog 60-1
Tond bi “Sénat” moo jëmmal mbooloo tund yi nekk ci Repiblig bi ak doomi Senegaal yi sanc bitim réew.

Ñaari juróomeeli way-tond yi, gën jaa néew, ay jigéen lañu.

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Traduction de Ahmeth Diouf et de Arame Fal
LOI

INSTITUANT LA PARITE ABSOLUE HOMME-FEMME

------------
EXPOSE DES MOTIFS


La Convention des Nations Unies du 18 décembre 1979 et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme du 11 juillet 2003 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, tous ratifiés par le Sénégal, établissent la responsabilité des gouvernements dans la mise en oeuvre de mesures visant à garantir aux femmes une participation égale à la vie politique.
Malgré d’évidents progrès législatifs, marqués notamment par la Constitution du 22 janvier 2001 dont l’arti.7 alinéa 5 dispose que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et aux fonctions », les femmes restent encore minoritaires parmi les élus et leur participation à la prise de décision politique est loin de correspondre à leur contribution effective à la société et à la vie politique. Aussi, est-il apparu nécessaire de prendre des mesures concrètes à même de corriger rapidement cette sous représentation en assurant l’égalité absolue des candidatures des hommes et des femmes dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.
Telle est l’économie du présent projet de loi


ÀTTE BI TAXAWAL YEMALE GU MAT SËKK DIGGANTE GÓOR AK JIGÉEN
BIRALUG SABAB YI


Déggoo Mbootaayu xeet yi, ci 18 desàmbar 1979 ak Sàrtu Afrig ñeel àqi doom aadama ak askan yi, bu 11 sulet 2003, aju ci wépp xeetu boddi jëm ci jigéen, déggoo yooyu, gannaaw ba leen Senegaal wéralee, ñoo sas góornëmaa yi ñu doxal ay matukaay yu tax góor ak jigéen yem kepp ci seen yëngu-yëngu ci wàllu politig.
Doonte sax séqi nañu jéego yu am solo ci lu jëm ci àtte yi, ni ko Ndeyu Àtte bi ñu fal ci 22 saŋwiyee fésale, ndax dog 7, xise 5 lii la biral : « ab àtte mooy tëral yemaleg góor ak jigéen ci jox baat yeek ndombo tànk yi », loolu terewul limu jigéen ñi ñéew na ci falaafon yi (élus), te yitam cër bi ñu leen jox fa ñuy sàkke dogal ci ëttu politig bi, xaajul méngoo ak seen taxawaay dëgg-dëgg ci biir askan wi ak seen yëngu-yëngu ci biir politig bi. Looloo tax, ñu war jël matukaay yu dëggu ngir jubbanti, na mu gën a gaawe, taxawaay bu ñàkk solo boobu, su ko defee, ci wàllu wutug pal, góor ak jigéen yem kepp ci campeef yi lalu cig pal, moo xam mbooloo mépp lañu fay fal, walla pàcc ca mbooloo ma. Lii lañu tënke ci sémbub àtte bi (projet de loi).



REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple- un But – une Foi
Loi n°2010-11
Instituant la parité absolue Homme -
Femme


L’Assemblée Nationale a adopté, en sa séance du vendredi 14 mai 2010 ;
Le Sénat a adopté, en sa séance du mercredi 19 mai 2010 ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :


REPIBLIGU SENEGAAL
Bokk askan- Bokk jëmu- Bokk pas-pas
Àtte n°2010-11 di taxawal yemale gu mat sëkk
diggante goór ak jigéen


Péncum Réew mi fal na ci jataayu àjjuma 14 me 2010 ;
Tond bi (Sénat) fal na ci jataayu 19 me 2010 ;
Njiitu Repiblig bi taxawal na àtte bii di ñëw :


Article premier : la parité absolue homme-femme est instituée au Sénégal dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.


Dog bu jëkk bi : yemale gu mat sëkk diggante góor ak jigéen dogal nañu ko ci Senegaal, mu jëm ci gépp campeef (institution) goo xam ne ndombo tànk ya ñu fay wut ñu ngi aju cig pal, moo xam mbooloo mépp lañuy fal, walla pàcc ca mbooloo ma.


Article 2 : les listes de candidatures sont alternativement composées de personnes des deux sexes
Lorsque le nombre de membres est impair, la parité s’applique au nombre pair immédiatement inférieur.
Les listes de candidatures doivent être conformes aux dispositions ci-dessus sous peine d’irrecevabilité.

Dog 2 : ci limu nit ñiy wut pal gi, ñaar ñu bokkul awra ñoom la seen tur di toppante.
Su fekkee ne lim bu tóol la, yemale gaa ngiy jeexe ci lim bu tóolul bi.
Limu nit ñiy wut pal gi dafa war a méngoo ak pas-pas yi weesu, lu ko moy kenn du ko nangu.

Article 3 : les conditions d’application de la présente loi seront définies et précisées par décrets.

Dog 3 : anam yi ñuy jëfe àtte bii, ay dekkare ñoo leen di leeral.
Traduction de Ahmeth Diouf et de Arame Fal

Article 4 : la présente loi et ses décrets d’application seront insérés au Code électoral.
La présente loi abroge toutes dispositions contraires.
La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat

Dog 4 : àtte bii ak dekkare yiy leeral ni ñu koy doxale, dinañu leen dugal ci Sàrtu pal gi.
Àtte bii dafay folli bépp pas-pas bu safaanoo ak moom.
Àtte bii dañu koy doxal niki àtteb Réew.


Fait à Dakar, le 28 mai 2010
Par le Président de la République Abdoulaye WADE
Le Premier Ministre Souleymane NDéné NDIAYE


Amalees na ko ci Ndakaaru, ci 28 me 2010
Njiitu Repiblig bi Abdulaay Wàdd
Njiitu Jawriñ ji Suleymaan Ndeene Njaay

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