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L’Organisation Sénégalaise d’Appui au Développement est une ONG (organisation non gouvernementale) spécialisée dans l’éducation non formelle et l’édition des ouvrages en langues nationales. Elle a été agréée par arrêté n°010621 du 15 Novembre 1995, émanant du Ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

• Domaines d’intervention : Conception, exécution, suivi, évaluation des programmes d’alphabétisation.
• Formation des agents d’encadrement des projets d’éducation non formelle : formateurs, superviseurs, moniteurs, avec une démarche novatrice adaptée aux cibles -adolescents et adultes - maîtrisant correctement la langue d’éducation au départ.
• Initiation à l’écriture des langues nationales de personnes instruites en français et appelées à travailler avec les populations (ministres, gouverneurs, préfets, sous-préfets, collectivités locales, agents de développement, techniciens et autres agents des services public et privé).
• Elaboration de matériels didactiques et de documents pédagogiques, sous le contrôle de spécialistes des disciplines concernées.
• Edition d’ouvrages en langues nationales.
• Traduction de textes et documents.

 

32ème semaine nationale de l’alphabétisation Présentation des Editions OSAD,Sous la présidence du Ministre des Langues nationales et de la Francophonie (Par Arame Fal)

L’offre de partenariat que le Ministre des Langues nationales et de la Francophonie vient de proposer aux maisons d’édition, en vue de créer « un environnement lettré soutenu » remet le livre au centre de la lutte contre l’analphabétisme, en même temps elle révèle la volonté de ne pas sauter un maillon important de la chaîne du livre, en l’occurrence une structure éditoriale capable de mettre au point les manuscrits au plan de la forme et du fond, tout en s’occupant des problèmes de promotion et de diffusion. Une telle position conforte l’OSAD dans sa démarche qui a toujours consisté à porter une attention soutenue au matériel didactique et à la formation des formateurs. Nous pensons qu’il est possible d’éradiquer l’analphabétisme, avec les progrès énormes accomplis, depuis au moins une décennie, au plan de la recherche fondamentale et appliquée en linguistique, avec les immenses possibilités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication dans la production et la diffusion rapides de matériels didactiques.

Les éditions OSAD

La structure éditoriale est animée par une équipe restreinte. Pour chaque langue, la responsabilité des publications incombe à un linguiste spécialiste de cette langue : pour le sereer, c’est Waly Coly Faye, pour le pulaar c’est Mamadou Ndiaye, pour le wolof c’est moi-même. Pour les questions pédagogiques, c’est Mamadou Doudou Ndiaye qui a été directeur adjoint de l’Alphabétisation avant d’être directeur de la Télévision scolaire. Cette équipe travaille dans le bénévolat. Mais les secrétaires qui font la saisie des textes sont payées selon les normes en vigueur. Il en est ainsi des auteurs qui reçoivent leurs droits, soit 10% du tirage. L’OSAD accomplit son programme avec les ressources tirées de ses prestations de services (formation de formateurs, études, traductions, vente de publications etc.). Cependant ces dernières années, nous avons profité du fonds d’aide à l’édition du Ministère de la Culture pour certains titres de littérature.

Gamme des produits de l’OSAD

1. L’environnement lettré (avec alphabets, cartes, affiches de sensibilisation sur la santé…), constitue un puissant soutien à l’alphabétisation, du fait que l’apprenant est en permanence exposé au texte écrit. Cela raccourcit le temps d’apprentissage.
2. Les apprentissages de base, avec des manuels pour l’apprenant et le maître (syllabaires, cahiers d’écriture montrant les différentes étapes de réalisation d’une lettre etc.), guides du maître, dictionnaires orthographiques, grammaires pour toutes catégories de formateurs).
Pour le syllabaire et le livre de calcul, la cible centrale est un adulte non instruit, parlant correctement la langue d’alphabétisation. Il n’est pas question de construire des phrases ou de réciter des règles de grammaire et autres, tout cela, à notre avis, retarde inutilement les apprentissages. Les objectifs sont strictement définis ; au sortir de cette formation, il faut savoir lire et écrire, faire les opérations de base, manipuler la machine à calculer...
Mais ce matériel peut être ajusté aux besoins de l’école élémentaire. Par exemple, pour le syllabaire et le manuel de calcul, il sera surtout question d’adapter la progression aux capacités de l’enfant.
3. Les ouvrages de vulgarisation sanitaire
L’OSAD a ainsi essayé de traduire progressivement les éléments de programme de l’OMS en modules d’information et de formation pour l’immense majorité des populations qui ne parlent pas français. Elle a ainsi élaboré des manuels sur le Programme élargi de vaccination, l’allaitement maternel, la maternité sans risques, la nutrition etc. Elle a traduit en sereer, wolof et pulaar les carnets de santé utilisés dans les centres de PMI.
La démarche suivie obéit à la nécessité de travailler, pendant tout le processus, avec des médecins spécialistes, parlant correctement la langue concernée. Ainsi, après la délimitation des contenus, la traduction peut commencer, en même temps que certains problèmes de terminologies sont réglés à la suite d’enquêtes complémentaires.
4. La littérature
Il faut dire, en le regrettant vivement, que la littérature a peu de place dans les programmes d’alphabétisation, la raison en est que certains bailleurs ont une conception étroitement productiviste de l’alphabétisation fonctionnelle, au point que les seuls documents éligibles, en dehors des syllabaires, sont relatifs aux thèmes fonctionnels (environnement, gestion, maraîchage etc.).
Or il est extrêmement important de cultiver le plaisir de lire par les œuvres de fiction, sans compter que ces dernières offrent des sujets de discussion lors des débats organisés au cours des séances d’animation. C’est le lieu, de magnifier l’œuvre du Ministère de la Culture et du Patrimoine classé, en particulier la Direction du Livre et de la Lecture. Madame Mariétou Diongue Diop, alors directrice de cette structure a eu l’initiative d’étendre aux langues nationales le champ de couverture du Fonds d’aide à l’édition, jadis exclusivement réservé à la littérature d’expression française. Par la suite, Monsieur Sahite Samb a pris la relève pour un développement sans faille de notre de notre collaboration. Nous leur adressons nos sincères remerciements. Le programme que nous exécutons avec la DLL se fait dans la transparence et la rigueur, nous lui soumettons, en même temps que les devis, des manuscrits approuvés au préalable par notre comité de lecture, parmi lesquels elle choisit en fonction des moyens disponibles. Par la suite, il est établi un contrat portant essentiellement sur les délais de livraison du produit, les quantités allouées à la structure et à l’auteur, ainsi que les droits de ce dernier, etc. On peut dire jusqu’à présent tout s’est bien passé.
La gamme des produits devra s’étendre prochainement à l’éducation civique, à l’histoire, à la géographie, aux sciences de l’observation etc.
Nous n’avons pas parlé de post-alphabétisation, parce que, pour nous, la véritable post-alphabétisation c’est l’utilisation concrète dans la vie de tous les jours.
Le travail globalement positif (au plan du traitement de l’information, de la maîtrise de la langue, de l’enrichissement lexical) que les éditeurs de presse ont réalisé avec l’émergence des radios privées et des radios communautaires émettant en langues nationales, ils peuvent, avec l’aide des linguistes, l’entreprendre pour la presse écrite. C’est à ce prix qu’ils pourront augmenter sensiblement le faible tirage des journaux (pour un quotidien cela tournerait, si nos informations sont exactes, autour de 20 000 exemplaires pour une population de 10 millions d’habitants !). C’est peut-être le moment pour les éditeurs de prévoir au niveau des écoles de journalisme, des modules consacrés à ces langues, ceci permettrait de régler de manière systématique et professionnelle les problèmes liés à l’adaptation de ces dernières aux besoins de la communication moderne, et ce, tant au niveau de la presse audiovisuelle que de la presse écrite. Mais en attendant tout cela, une initiation s’impose pour les journalistes qui insèrent des citations en langues nationales dans leurs textes. Cela est valable pour les publicistes, musiciens et autres. Si tous les messages qu’ils délivrent étaient écrits correctement, ce serait un grand pas pour l’alphabétisation.
Ce nécessaire aménagement d’un milieu ambiant propice doit être accompagné d’autres actions connexes comme l’initiation à l’écriture des langues nationales de tous ceux qui sont déjà instruits dans la langue européenne ou en arabe, la promotion de la littérature etc.

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